e premte, 11 korrik 2008

ECONOMIE MONDIALE

ÉCONOMIE MONDIALE:
BILAN ET PERSPECTIVES


« Au moment où nous terminons cet article, la bourse de Paris et Wall street ont connu un vendredi noir. La baisse de la bourse de Paris intervient après la publication par le Journal le Monde d’une information sur les pertes du Crédit Agricole de plus de 4 milliards d’euros et celle de Wall street après la dégringolade des actions de Fannie Mae et de Freddie Mac, les géants du crédit hypothécaire aux Etats-unis. Ces deux événements viennent d’étayer le point de vue que nous soutenons dans cet article»

Le sommet du G8 qui groupe les grands pays industrialisés (Etats-Unis, Canada, France, Grande-Bretagne, Italie, le Japon et la Russie) s’achève à Toyako au Japon. Dans son communiqué final, si le G 8 constate un ralentissement de la croissance de l’économie mondiale, il se dit optimiste quant aux solutions à apporter à la hausse des prix du pétrole et des produits alimentaires et à l’inflation. Le G 8 s’engage par ailleurs à assurer la stabilité du marché financier et la lutte contre le protectionnisme. C’est l’occasion pour nous de dresser un bilan de l’état actuel de l’économie mondiale et de ses perspectives.

ÉCONOMIE MONDIALE EN CRISE

La chute de l’Union soviétique et l’intégration de nouvelles économies, notamment celles de Chine, d’Inde et près de deux milliards de personnes, ont puissamment stimulé le commerce mondial depuis la fin des années quatre-vingt du XXe siècle. Au cours de ces cinq dernières années, l’économie mondiale s’est accrue au rythme moyen de près de 5% par an contre 2,8% pour les pays capitalistes du Nord. Cette croissance actuelle de 5% de l’économie mondiale est comparable à celle de la période d’après-guerre de 1948 à 1973. Cette croissance est dopée par les économies dites émergentes qui dopent l’économie mondiale avec un taux moyen de croissance annuel 7,8% dû essentiellement à la croissance chinoise de 11% et indienne de 9%. Mais l’économie mondiale se trouve aujourd’hui confrontée aujourd’hui comme à la fin des années 1970 et début 1980, à une hausse du taux de l’inflation et à un ralentissement économique; ce phénomène étant connu sous le nom de stagflation. A cela s’ajoute à la fin de l’année dernière et début de cette année, l’instabilité des marchés financiers et boursiers.

Les symptômes de cette crise apparaissent sur les marchés monétaires asiatiques en 1997 dont le contrecoup est l’effondrement de l’économie argentine en 2001. Mais l’événement marquant de ces cinq dernières années est la crise des subprimes aux Etats-Unis durant l’été 2007 qui révèle si besoin est l’état réel de l’économie américaine qui ne doit sa survie qu’à deux choses: le crédit et le pillage impérialiste. La chute des prix de l’immobilier aux Etats-Unis considéré comme l’un des principaux moteurs de la croissance américaine, aura des conséquences sur les autres secteurs de l’industrie comme l’acier et le béton. Aux Etats-Unis, plus d’un million de logements ont été perdus par leur propriétaire. Des millions d’autres luttent pour payer leur crédit immobilier alors que leur maison ne vaut plus le prix qu’ils ont payé. En moyenne, le travailleur américain produit 30% de plus qu’il y a 10 ans. Et pourtant les salaires stagnent depuis six ans. L’inflation signifie une baisse de salaires réels. Quand en 2000, Bush commence son premier mandat, l’or était à 273 dollars l’once, le pétrole à 22 dollars le baril et l’euro à 0,87 dollars. Aujourd’hui en 2008, l’or est à 700 dollars, le pétrole à plus de 147 dollars et l’euro à plus de 1,5 dollars. Les récentes baisses des taux d’intérêt ne font que stimuler l’inflation et aggraver un peu plus la récession. Ces dernières années, l’inflation était relativement stable du fait de la croissance du marché mondial et surtout la surexploitation des millions de travailleurs mal payés en Chine, en Inde et dans les pays émergents qui ont exercé une pression à la baisse sur les prix et sur les salaires. Tout cela va finir par se payer par une crise de surproduction globale aggravée par l’assèchement du crédit et l’effondrement des marchés boursiers et immobiliers.

Ce qui a sauvé une fois de plus l’économie capitaliste de l’effondrement depuis les années 1970, ce sont l’ouverture et l’extension du marché mondial notamment par l’intégration de la Chine et de l’inde. L’arrivée sur le marché mondial de pays à bas salaire a ainsi créé une pression sur les salaires dans les pays capitalistes du centre et a limité les revendications salariales. Pendant ce temps, les profits ont connu leur âge d’or. La faiblesse relative des réserves financières des consommateurs pousse alors les détenteurs des capitaux à s’orienter vers les produits alimentaires, car les hommes, quoi qu’il arrive, ont besoin de manger et de boire. Il en est de même du pétrole. La flambée éventuelle des prix du pétrole à 147 dollars le baril et l’augmentation vertigineuse des prix des produits alimentaires jusqu’à 80% depuis 2005 sont les effets d’une crise économique profonde où les investisseurs capitalistes se rabattent sur des produits de première nécessité considérés comme des valeurs-refuges. Ce qui est nouveau, c’est que le prix du pétrole augmenté aujourd’hui alors qu’il chutait lors des précédentes récessions,, ce qui aura pour effet de contracter un peu plus la demande aux Etats-Unis et en Europe.

L’économie capitaliste actuelle est devenue une économie parasitaire, financiarisée et spéculative. Quand on parle de croissance économique, c’est plutôt de croissance boursière dont il s’agit, car elle n’a pas été générée par une augmentation de l’activité productive industrielle mais par l’injection de capitaux fictifs dans le circuit économique. Pour prendre un exemple de croissance spéculative,, la capitalisation des actifs américains est passée de 5 300 milliards de dollars en 1994, à 17 700 milliards en 1999 puis à 35 000 milliards en 2006. Cette valorisation est due à la valorisation des actifs dans les principales bourses mondiales et non pas à la progression de l’activité industrielle proprement dite. Il faut rappeler que dans sa jeunesse, l’économie capitaliste a contribué à créer d’énormes richesses et à développer les forces productives mais dans l’état actuel, elle a changé de rôle. Aujourd’hui on entré dans l’ère du capitalisme sénile réglé et dominé par la financiarisation de l’économie.

Ce caractère parasitaire de l’économie mondiale apparaît à travers l’activité bancaire. L’activité dominante des banques en général et des banques américaines se réduit souvent à la vente et à l’achat des dettes. Les banques prêtent de l’argent à des clients insolvables et elles vendent leurs dettes à d’autres banques. L’affaire de Bear Stearns montre comment l’un de ses fonds spéculatifs a fait faillite et l’autre a été renfloué par un groupe bancaire. Les capitalistes réalisent ainsi leur vieux rêve, faire de l’argent avec de l’argent sans produire et sans toucher à la matière. Le dernier scandale en date, celui de la banque française, la Société Générale, rappelle à quel point l’économie capitaliste actuelle est devenue une économie d’escrocs, d’astucieux, de débrouillards qui n’ont pour finalité que de faire rapidement de l’argent. La conséquence de l’émergence de ce capitalisme financiarisé et spéculatif, c’est le déclin irréversible de l’industrie et une croissance exponentielle des secteurs parasitaires. Les « fonds d’investissement » investissent plus dans les secteurs tertiaires et de services que dans le secteur industriel. On se retrouve ainsi à des années-lumière des élucubrations des économistes classiques et des néoclassiques qui font de la satisfaction des besoins de l’homme, l’objet et le but de la production capitaliste.

Si la croissance de l’économie mondiale de ces dernières années a indéniablement profité à une poignée de capitalistes, elle a en revanche exercé une énorme pression sur le monde du travail obligé de se priver de sa part dans la répartition des richesses qu’il a produites au nom de la compétitivité et de la rentabilité. De la prospérité de l’économie mondiale, on pouvait s’attendre à une croissance de la production, de l’emploi, des profits, des salaires et des prix. Or, ce sont les effets inverses qui se sont produits: stagnation des salaires, profits jamais inégalés. Les dernières dispositions de l’Europe relatives à l’allongement du temps de travail à 65 heures par semaine témoignent de la cruauté et de l’inhumanité du mode de production capitaliste qui, après avoir développé les techniques pour soulager le travail humain et augmenté la productivité, oblige les hommes à encore plus travailler et à produire de plus en plus sans aucun espoir d’un retour sur investissement. Depuis que l’on nous parle de croissance économique et de bienfaits de la mondialisation ou de la mondialisation, les inégalités sociales n’ont jamais été aussi criantes et elles ont même atteint depuis une vingtaine d’années des niveaux jamais inégalés jusqu’ici. Selon une étude des Nations unies, le 2% des personnes les plus riches au monde possèdent plus que la moitié de tous les ménages et la moitié la plus pauvre de la population mondiale ne possède que 1% de la richesse globale. Toujours, selon l’Onu, il y a aujourd’hui 1,8 milliard de personnes vivant dans la pauvreté dont huit millions meurent chaque année par manque d’argent. Des millions d’enfants meurent chaque année de malnutrition et de maladies comme les diarrhées et le manque d’eau potable. Le fait que de plus en plus de pays surtout en Amérique latine optent pour un autre système politique qui redistribuera autrement et équitablement les richesses produites par les hommes, cela montre qu’une alternative au mode de production capitaliste existe réellement et qu’un autre monde non capitaliste est toujours possible. Cette accumulation de richesses sur un pôle et la paupérisation relative et absolue sur l’autre, Marx l’avait prévue il y a cent cinquante ans. Et pourtant, les idéologues attitrés de la classe capitaliste veulent nous persuader sous prétexte des réformes et de modernité que les inégalités sociales et l’accaparement des richesses par une bande d’exploiteurs sont des choses naturelles et qu’il n’existe aucune alternative possible au système d’exploitation actuel qu’ils tentent de justifier au nom de l’archéo-libéralisme.

PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE

Après des années de faible inflation et de crédits faciles, on entre désormais dans l’ère de l’assèchement du crédit et des hausses de taux d’intérêt, ce qui contractera encore un peu plus la demande intérieure et réduira le pouvoir d’achat des ménages aux Etats-Unis et en Europe. Une chute des profits dans le secteur bancaire, provoquera des suppressions d’emploi ce qui affectera par l’augmentation du chômage. La crise du secteur immobilier se traduira par une série de faillites dans l’industrie de la construction. Ainsi des secteurs de l’acier, du ciment et des briques seront-ils durement frappés. L’augmentation du prix du pétrole déprimera encore un peu plus le pouvoir d’achat des ménages et entraînera irréversiblement la contraction de la demande intérieure.

Une baisse des taux d’intérêt entraînera une augmentation de l’inflation et le soutien apporté par les banques centrales des pays asiatiques pour arrêter la chute du dollar ne suffira pas à renverser la tendance actuelle qui est à la récession aggravée par une économie américaine moribonde et épuisée financièrement par les deux guerres d’Irak et d’Afghanistan et par un déficit budgétaire record. Les États-unis sont obligés de lever plus de 70 milliards de dollars par mois pour couvrir un déficit courant de quelque 800 milliards de dollars par an. Au dernier trimestre de 2007, l’économie américaine a certes crû de 3,9% en rythme annuel mais tout indique que cela ne va pas durer et que le chômage va augmenter. Si c’était un pays du tiers-monde qui affiche de tels résultats catastrophiques en matière de déficit budgétaire, la Banque mondiale et le FMI auraient immédiatement sommé le gouvernement de mettre en place un plan d’austérité. Mais comme ces deux institutions sont les propres créatures de l’impérialisme américain et une arme redoutable utilisée par les États capitalistes pour rendre dépendantes les économies des États du Sud, il serait mal venu de demander à un super État comme les Etats-Unis la même chose que ce qu’elles demandent habituellement aux autres États. Nous sommes là dans la politique des deux poids et deux mesures.

Face à la récession américaine, les économistes bourgeois placent leurs espoirs dans les économies émergentes attendues comme le messie. Ils ont tort. La croissance annuelle moyenne de l’économie asiatique se situe autour de 7% et elle a contribué en 2007 à 50% de la croissance mondiale. Soit trois fois plus que la croissance des Etats-Unis. Mais ces « économies émergentes » sont fortement dépendantes des exportations et de la croissance du marché mondial plus particulièrement des marchés où se trouvent des consommateurs solvables, c’est-à-dire les marchés américain et européen, là où ils peuvent couler une grosse quantité de leurs exportations. Or en cas de récession américaine et européenne, ces économies émergentes vont être frappées à leur tour par les effets de cette crise. On voit déjà les signes avant-coureurs des conséquences de la récession américaine sur les économies asiatiques quand depuis 2000, les importations des Etats-Unis ont décliné passant de 19 à 14%. La croissance des économies émergentes n’étant pas capable à elles seules de compenser ce ralentissement américain. Les Etats-Unis n’absorbent aujourd’hui que 23% des exportations japonaises contre 40% dans les années 1980, mais l’économie japonaise reste elle-même dépendante de l’économie américaine. Les entreprises japonaises envoient beaucoup de leurs composants en Chine avant d’être exportés vers les Etats-Unis.

Une récession américaine aura d’autres répercussions sur les économies émergentes, car la faiblesse du dollar pénaliserait du coup les pays exportateurs de l’Asie et surtout la demande intérieure à cause du très important déficit budgétaire comme le montre le déficit public japonais. Un ralentissement de la croissance américaine ne frappera pas seulement les économies de la Chine, de l’inde et du Japon mais aussi celles de Singapour, Taiwan, Hong Kong. le Krach de 1997 a montré que toute l’Asie était connectée à l’économie américaine et à l’économie mondiale. Il y a 10 ans, le 2 juillet 1997, la Banque centrale de Thaïlande a laissé flotter sa monnaie après son échec face à une attaque spéculative, ce qui a déclenché un effondrement économique et financier qui s’est étendu à d’autres économies de la région. C’est un phénomène semblable à ce que l’on a connu quinze ans plus tôt avec la crise mexicaine de 1982. Aujourd’hui, on aperçoit quelques signes avant-coureurs de cette crise financière mondiale quand les Saoudiens qui sont les principaux alliés de Washington dans le monde arabe ont refusé de baisser leurs taux d’intérêt après celle du fed préparant ainsi leur détachement vis-à-vis du dollar. Ce qui pourrait déclencher une vague de panique dans tout le Moyen-Orient.

Les Chinois qui détiennent d’énormes bons du trésor américain se disent prêts à les liquider en cas de sanction contre la Chine sur la question tibétaine ou des pressions sur la réévaluation du yuan. La chute du dollar aura des conséquences directes sur l’économie européenne qui paie en dollar ses marchandises importées de la Chine et d’autres économies émergentes. La récession s’accompagne d’habitude de mesures protectionnistes, ce qui fragiliserait encore un peu plus l’économie mondiale. C’est dans ce sens que l’on comprendra le refus du G8 dans son communiqué final, de tout protectionnisme.

L’économie mondiale s’est trouvée stimulée par l’intégration de la Chine dont le taux de croissance annuel est de 11%. Les pays capitalistes ont profité aussi de l’ouverture économique et politique de la Chine où ils ont massivement investi dans de nouvelles usines et machines et y faire fabriquer des marchandises bon marché. Mais le problème pour ces pays capitalistes reste toujours le même, l’écoulement de cette énorme masse de marchandises, télévision, téléphones portables, puces électroniques etc. Il est vrai que les capitalistes exploitent durement la classe ouvrière chinoise qui est la source de la production de la plus-value dans les usines modernes de Shanghai. Mais il ne suffit pas d’extraire la plus-value de l’ouvrier, encore faut-il trouver un acquéreur pour la marchandise pour transformer celle-ci en argent et en capital et c’est là que réside le nœud gordien. La Chine étant dépendante du marché américain et du marché mondial, une contraction de l’économie américaine et de l’économie frappera durement l’économie chinoise qui aura un effet de domino sur les économies de Taiwan, la Corée du Sud et les autres pays d’Asie. Du fait de sa dépendance de l’économie mondiale, la Chine a aujourd’hui une inflation qui tourne autour de 6,5% et il y a eu dans cet État communiste récemment des grèves pour protester contre les bas salaires. Dans les villes, il y a 150 millions de chômeurs. Il y a certes beaucoup de biens électroniques qui sont fabriqués en la valeur ajoutée valeur ajouté provient d’ailleurs et le marché domestique chinois est limité par le faible pouvoir d’achat intérieur. Encore une fois, l’industrie chinoise fabrique certes d’énormes quantités de marchandises mais la production des marchandises ne suffit à elle-même, encore faut-il les vendre et une récession de l’économie américaine et de l’économie mondiale ne manquera pas de frapper durement l’économie chinoise et l’économie asiatique en général Depuis 1980, la part des exportations dans la croissance est passée de 20 à 45% mais sur la même période, la part de la consommation est tombée de 67 à 50%. En cas de récession américaine, la croissance chinoise pourrait tomber à 8%, ce qui est largement insuffisant pour maintenir l’état actuel de l’économie mondiale.

Les économistes bourgeois répètent souvent que la récession peut être évitée par l’intervention des banques centrales et des gouvernements qui apporteront des « corrections ». Les crises ne sont pas dues à des éléments objectifs c’est-à-dire à la logique de l’accumulation du mode de production capitaliste mais à des facteurs subjectifs, c’est-à-dire des décisions erronées prises par les consommateurs, les gouvernements et les banques. La manière d’enrayer la crise serait alors de corriger des erreurs en redonnant confiance aux consommateurs. Les causes des crises dans le capitalisme actuel ne sont pas dues à des facteurs micro-économiques mais à l’anarchie d’un mode spécifique de production. Les crises actuelles sont le résultat de l’anarchie de la production capitaliste. Le problème ne dépend donc pas de la bonne ou de la mauvaise décision des consommateurs, des gouvernements et des banques, mais de la répartition des richesses, du pouvoir d’achat des salariés et de la demande solvable. Une précision tout de même, la solution keynésienne pour relancer l’économie par la demande n’en est pas une, car elle ne propose pas un mode de répartition des richesses mais l’injection de la monnaie dans le circuit économique. Car il faut bien comprendre que dans le mode de production capitaliste, c’est le capitaliste qui décide quand et où investir et produire. C’est donc le primat de la production sur la consommation. L’idée selon laquelle ce sont les recettes de Keynes qui ont engendré les trente glorieuses est fausse, ce sont plutôt les destructions causées par la guerre qui ont sauvé le capitalisme d’une mort annoncée.

Pour ces mêmes économistes, les crises boursières sont des solutions salutaires dans la mesure où elles jouent le rôle de « saignées » visant à purger le circuit économique de ses scories, les capitaux fictifs qui ont été injectés d’une manière irrationnelle. Les choses ne se passent pas ainsi et elles sont beaucoup plus complexes que ne le laissent supposer les économistes bourgeois. La Chine et les pays asiatiques possèdent à eux seuls d’énormes quantités en dollars et de bons du trésor américain. En mettant sur le marché ce trésor de guerre, ils sonnent le glas du système capitaliste. Mais il n’est pas dans leur intérêt de provoquer une crise monétaire mondiale dans laquelle ils seront eux-mêmes engloutis. Une récession aux Etats-unis aura des répercussions sur l’économie mondiale tout entière et même la croissance de l’Europe et du Japon n’arrivera jamais à compenser les effets d’une telle récession sur le marché américain. Nous avons lors des derniers Krachs se précipiter tous les États du monde qu’ils soient industriels ou sous-développés. On peut citer quelques exemples comme la crise du Mexique en 1982 qui déclara son incapacité de rembourser ses dettes. Le choc fut rude et l’affaire mexicaine avait alors précipité dans son sillage d’autres pays d’Amérique latine comme l’Argentine et le Brésil qui étaient eux aussi fortement endettés. C’est grâce à l’intervention des organismes financiers internationaux, notamment la BRI(Banque des règlements internationaux) et le FMI que des plans avaient alors été mis en place pour rééchelonner leurs dettes et pour leur octroyer de nouveaux crédits. La crise asiatique de 1997 a elle- aussi affecté le reste du monde en s’étendant à la Turquie, la Pologne, la Hongrie, la Russie, le Brésil et l’Argentine.

Ralentissement ou récession, le mode de production capitaliste est inséparable des crises qui le traversent à intervalles réguliers. S’il a pu jusqu’ici surmonter toutes les crises depuis le milieu du XIXe siècle et après deux guerres mondiales au XXe siècle, c’est au prix des millions de morts et des dégâts matériels considérables qui ont permis l’élimination l’excédent en hommes et en marchandises. Pour résoudre la crise actuelle et les autres crises à venir, le système capitaliste aura sûrement besoin d’une troisième guerre mondiale qui mettra à flot une économie sénile et moribonde. Mais toute la question est de savoir s’il aura assez de ressources et assez force pour survivre à cette énième épreuve comme lors des deux guerres mondiales du XXe siècle. Cette fois-ci, on ne peut qu’en douter. L’histoire jugera.

FAOUZI ELMIR

Mots clés: économie mondiale, économie parasitaire, récession, crise







e hënë, 07 korrik 2008

اسطورة حرية الرأي والتعبير في الدول الديمقراطية الغربية

اسطورة حرية الرأي والتعبير في الدول الديمقراطية الغربية
بقلم : فوزي المير

هذا المقال هو نسخة ملخة من مقال‘نشر بللغة الفرنسية(Le mythe de la liberté d’expression et d’information dans les démocraties libérales).
في بداية هذا المقال، اطلب من القارئ الكريم ان يسامحني على بعض ألأغلاط اللغوية(الشدة، السكون، الكسة، الضمة، الفتحة). سوف احاول في المقلات الاحقة تصحيح كل هذه إلأغلاط وبذل مزيد من الُجهود لاحتارام القواعد الاساسية للغة العربية.

في هذا المقال، أريد طرح وُمعالجة موضوغ حرية التعبيروحرية الرأي في الدول الديمقراطية الغربية.
السوأل الأول الذي نطرحه عندما نتكلم عن حرية الرأئ وحرية التعبير في الدول الديمقراطية الغربية هو التالي : هل نحن فعلآ حرين في ان نقول ونكتب كل ما ُيمكن قوله وكتابته ؟ حرية الصحافة وحرية التعبير في الغرب، هل هي حقيقة ام آسطورة ؟ الجواب على هذا السوأل يأتي من العيش لمدة طويلة في الغرب وُمراقبة حياته السياسية وإلاجتماغية.

بلا أي شك، يوجد في دول أوربا الغربية و قي بلدان أمريكا الشمالية قوانين وتشريعات توهل كل شخص أن’يعبر بحرية عن رأيه. ’يوجد أيضآ قزانين وتشعريعات تسمح وتنظم حرية الصحافة إستنادآ لبند رقم 19 للندأء العاامي لحقزق الأنسان(Déclaration universelle des droits de l’Homme). هذا الحقيقة تطهر في الفترات التي تسبق الأنتخابات المحلية، التشريعية او الرأسية حيث نرى بالفغل كل الاحزاب السياسية تتنافس بينها وتعرض برامجها لكسب أصوات الشعب. نجد أحيانإ بين المرشحين، كل ألأحزاب السياسية من اليمين او أقصى اليمين إلى أقصى اليساز. يمكن لكل حزب من هذه ألأحزاب أن ’يعبر عن وجهة نظره أمام ملايين من المواطنين بدون أي ُقيود. حتىالأن كل هذا صحيح.

ولكن عندما نتغحص بدقة كل هده المعطيات، نصل إلى قناعة ذاتية أن حرية التعبير وحزية الصحافة في الدول الديمقراطية الغربية هي أكثر شكلية من أن تكون فغلآ حقيقية. المراقب السخف للحياة السياسية والاجتماعية يظن أحيانا على خطأ أن القوانين وحدها هي التي تصنع الديمقراطية. يجب أن نذكره بأن ألانطمة الدكتاتورية والفاسية تملك أيضآ قوانيها وتسريعاتها. عندما نقول أن حرية التعبير عن الرأي وحرية الصحاقة هي شكلية وليست حقيقية، نغني بذلك أنه ُيوجد في الُمجتمغ أدوات ضخمة ُمخصصة في التضليل والدغاية تستعملها الطبقات الحاكمة لتبسط سيطرتها غلى كل فئات الُمجتمع. ألأدوات التضليل والدعاية تمتلكها عادة شركات رأسمالية وظيفتها الاولى تغيير الوضع النفسي للمواطن العادي حتى يشتري هذه السيارة او ان يعطي صوته لهذا المرشح. هذا يعني بسكل أخر أن وسائل الأعلام في الديمقرطيات الغربية تؤثر بسكل غير مباسر عاى نفسية المواطن العادي وُتحدد خيارته السياسية في الُمستقبل. يجب التذكير أيضآ أن كل الوسائل الأعلام الموجودة في العالم الغربي تؤثرعاى نفسية المزاطن تملكها الشركات رأسمالية ضخمه. المعروف من الجميع أن هدف هذه الشركات هو فقط الربح وليس ثقاقة المواطن العادي او إيقاذ وعيه الشخصي. من هنا ممكن أن نستنج ان الديمقراطية في هذه الظروف لا يمكن ان تكون سوى ديموقراطية شكلية، لأن خيار الجماهير الشعبية حددته وسائل الأعلام الرأسمالية. عاى سبيل المثال، كبرى وسائل الأعلام وأيضأ سوق النشر والظباغة في فرنسا محتكرين بعاءلتين : بويغ(Bouygues) ولاغردار(Lagardère). المعروف من كل مثقف ان دخول الرأسمال في مجال الفكر والثقافة يقتل حتميا الفكر وعقلية ألأنسان. عندما يسيظر الرأسمالي على فكر وغقل إلانسان، كيف يمكن للفرد بغد ذلك أن ُيفكر بذاته وأن ُيفكر بسكل منظفي وصحيح؟ هذا يقودنا إلى القول ان وسائل إلأعلام التي تمتلكها كبار الشركات الرآسمالية في أوربا وأمريكا الشمالية هي أدوات تضليل ودعاية لخدمة المصالح ألأقتصادية والسياسية للمجموعات الحاكمة والطبفة المسطرة ألتي تستعملها لدعاية وتضليل الجماهير والطبقات الشعبية الُمستغلة. لاحظنا هذه الظاهرة أخيرآ في فرهسا عندما نظمت وسائل ألأعلام الذي ُيسيطرغليها بويغ ولاغردار، حملة الدعاية من أجل إنتخاب ساركوزي لمنصب رءاسة الجمهورية الفرنسية.

إنظلافآ من هذه الواقغ، يمكننا أن نقرل أن الأحزاب االسياسية في الدول الغربية هي مجرد واجهة Décor)) ودورها هو دور شكلي يقتصر عادة على إغطاء رأي لا أكثر. ألأحزاب السياسية ألتي تصل إلى السلطة هي ألأحزاب المدغومه عادة بوسائل ألأغلام الرأسمالية. أحيانآ نسمغ أو نقرأ هنا وذاك أنه ُيوجد في الدول الديموقراطية أحزاب مغارضة. هذا صحيح ولكن دورها يبقى شكليآ بمغنى أن دور هذه الأحزاب المغارضة تقتصر في حدود إلأنتقاد وإلأحتجاج والكلام الفارغ. ُيوجد هناك أحزاب يسارية، شيوعية او ماركسية، ولكن كل هذه ألأحزاب هي أحزاب صغيرة جًدآ لا تملك القدرة ألأعلامية الكاقية لمواجهة أو منافسة أو محاربة بسلاح ُمعادل ألأحزاب السياسية اليمينية وألأحزاب ألأشتراكية المدعومة من قبل وسائل ألأغلام الرأسمالية. هذه ألأحزاب المغارضة الُمناهضه فعليآ للنظام الرأسمالي المهيمن على المجتمع ألأوروبي وألأمريكي تظهر مرة واحدة عاى الساحة السياسية كل أربع أو خمس سنوات ومن ثم تختفي لتظهرُمرة ُخرى بغد أربع أو خمس سنوات. نزيد غلى ذلك أن هذه ألأحزاب ليست ُممَثلة في أين من الُمؤسسات السياسية أو التشريعية الموجودة في الدول الديمقراطية الغربية.

عندما نقول أن حرية ألرأئ وحرية التعبير هم ُمخرد ُحريات شكلية، نعني بذلك أن المواطن العادي أو الُمثقف لا يستطيع أن يقول أو أن يكتب كل ما يريد وكل ما يشأ قوله أو كتابته في الدول الغربية ألتي تدعي أو ُتسمي نفسها ديمقراطية, على سبيل المثال، لا ُيمكن لأي ُمواطن موجود في الدول الديمقراطية الغربية أن يتكلم عن محرقة اليهود خلال الحرب العالمية الثانية لإن التطرق لهذا الموضوع ُيعاقب صاحبه ِبعقوبة السجن, هؤلآء ألذين حاولو أن ُيناقشوا مدى صحيحة هذه ألأُطروحة مثل الفرنسي فوريسون (Faurisson)أو الُمؤرخ البريطاني دافيد إرفينغ(David Irving)، ُطردوا من الجامعة وُعوقبوا بالسجن وبدفع غرامة مالية, اخيرآ ُطرد ُموظف كبيرBruno Guigues في ُمحافظة Saintes فرنسية ِلكتابته مقالآ ُيدافع فيه غن الشغب الفللسطيني وينتقد ِبشده سياسة الثمع ألأسراءيلية في ألأراضي الُمحتلة. هناك أيضآ عدة أمثال مثل الولايات الُمتحدة ألأمريكية بعد إنتهاء الحرب الغالمية الثانية مع ُملاحثة وسجن كل من هو شيوعي أو ماركسي. أنذاك قرر الرءيس ألأمريكي ترومان(Truman) إخضاع 2,5 مليون ُموظف للتحقيق القضائ لمعرفة إنتماءهم السياسي. مح خلف ترومان، أيزنهوار(Eisenhower)، ُهناك 20 مليون ُمواطن أمريكي ُخضع لتحقيق وُمراقبة أف بي أي(FBI),

لثد تعودنا منذ طفولتنا غلى فكرة بسيطة وسخيفة في نفس الوقت أن الديمراقطية هي ُحكومة الشعب بالشعب. هذه الفكرة هي خاطئة ٍمئة بالمئة. لماذا؟ لإن الشعب جسم أعور لا يعرف أين ُتوجد مصلحته. وإذا الشعب لا يعرف مضلحته، لإنه إنسان قابل وُموهيئ للتضليل والدعاية. من هم هؤلأء الذين يملكون ويحتكرون وسائل وأدوات التضليل والدعاية؟ القوات والفئات المسيطرة على الموارد ألأقتصادية. ماذا ُتسمى هده الفئات ألتي ُتسيطر على الموارد ألأقتضادية في الُمجتمعات الحالية؟ الطبقة الرأسمالية. ولهذا السبب ُيمكننا القول أن الديمراطية والرأسمالية هما عالميان ُمتناقضين لا ُيمكن أن يلتقيان يومآ من ألأيام أو إذا إلتقيا يومآ ما، هذا القاء لا ُيمكن أن يكون إلآ صدفة مثل ألخطيان الُمتوازيين للعالم ألأغريقي أكليدوس ألذين إلتقيان أخيرآ ولكن بإذن من الله,

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e mërkurë, 02 korrik 2008

LA LOI DU MAITRE ET DE L'ESCLAVE


Élections au Zimbabwe

LA LOI DU MAÎTRE ET DE L’ESCLAVE

« C’est seulement par le risque de sa vie qu’on conserve la liberté, qu’on prouve que l’essence de la conscience de soi n’est pas l’être, n’est pas son enfoncement dans l’expansion de la vie… L’individu qui n’a pas mis sa vie en jeu peut bien être reconnu comme personne, mais il n’a pas atteint la vérité de cette reconnaissance comme reconnaissance d’une conscience de soi indépendante. Pareillement, chaque individu doit tendre à la mort de l’autre quand il risque sa vie, car l’autre ne vaut pas plus pour lui que lui-même ; son essence se présente à lui comme un Autre, il est à l’extérieur de soi, et il doit supprimer son être-à-l’extérieur-de-soi… » « G.W.F. Hegel, La phénoménologie de l’esprit, Tome.I.pp 159-160 »

Depuis, le 29 mars 2008, date du premier tour des élections présidentielles au Zimbabwe, ce pays africain frontalier d’Afrique du Sud et ancienne colonie anglaise, se vit propulsé sur le devant de la scène médiatique. Par suite de la contestation des résultats du premier tour par le MDC (Movement for Democratic Change), la Commission électorale a procédé le 19 avril au recomptage des voix dans 22 circonscriptions sur 210, en attribuant à Tsvangirai, le candidat du parti d’opposition 102 sièges contre 97 sièges au ZANU-PF, le parti du président sortant Robert Mugabe. Un second tour a donc été organisé et a eu lieu le 27 juin à l’issue duquel le président sortant Robert Mugabe est réélu à plus de 83% des voix pour un sixième mandat après le retrait de son rival du premier tour des élections présidentielles.

Bien avant les élections présidentielles au Zimbabwe, le régime du président Robert Mugabe était sur la sellette et l’objet de toutes les critiques. Les griefs adressés au président zimbabwéen ne manquent pas, mais nous en avons retenu deux : Robert Mugabe n’hésite pas à affamer son peuple pour garder le pouvoir et il est dictateur qui viole les principes de la démocratie en pratiquant la violence politique à l’égard de ses opposants politiques. Nous avons voulu savoir pourquoi Robert Mugabe qui fut un temps l’enfant choyé de l’Occident dans les années 1980, est tombé en disgrâce et il est devenu ce paria vilipendé pour son autoritarisme et son régime dictatorial.

Mugabe affame son peuple…

Le régime de Robert Mugabe est souvent accusé d’être le responsable de la famine et de la misère qui frappe le peuple du Zimbabwe. Cette accusation est mal fondée surtout quand elle émane des Etats capitalistes européens qui sont à l’origine de tous les malheurs qui frappent non seulement le Zimbabwe mais l’ensemble du continent africain. Car la famine en Afrique n’est pas une fatalité tombée un matin du ciel mais elle puise ses racines dans le colonialisme et l’impérialisme qui s’abattirent sur cette région du monde depuis la fin du XIXe siècle. Ceux qui reprochent à Robert Mugabe d’être le responsable de la famine, de la misère et de la mort du peuple zimbabwéen ont la mémoire courte et oublient qu’ils en sont les véritables causes et ce depuis que les Etats impérialistes d’Europe occidentale ont décidé à la conférence de Berlin en 1884, de mener une politique de pillage à grande échelle des ressources naturelles de l’Afrique. Quand on fait porter le chapeau sur le seul Robert Mugabe, on cherche désespérément à divertir l’opinion publique internationale et occulter les conséquences ravageuses induites par l’impérialisme occidental qui doit être tenu pour seul responsable, car c’est son action qui a provoqué la destruction des structures de l’économie de subsistance et qui a entraîné la création d’une économie d’exportation destinée à satisfaire la seule demande solvables des métropoles capitalistes. On reste tout de même ébahi devant le fait que c’est un continent qui se meurt tous les jours alors que l’Afrique possède d’énormes richesses minérales et végétales (voir sur le blog notre article, Pourquoi l’Afrique se meurt-elle ?)

Mugabe est un dictateur…

Le mot que l’on entend souvent à propos du régime politique Zimbabwe, c’est le mot dictature. Ces derniers jours nous avons entendu un autre mot, le mot simulacre pour mettre en cause les résultats des élections présidentielles. Depuis quelques années, Robert Mugabe est devenu pour les médias occidentaux un monstre et un dictateur qui ne respecte aucunement les règles de la démocratie telles qu’elles sont définies par les Etats occidentaux. Il est vrai que le Zimbabwe de Robert Mugabe n’est certes pas cet Etat démocratique mais nous aurions voulu savoir où sont les Etats véritablement démocratiques en Afrique ou ailleurs dans le monde. Même les Etats occidentaux qui accusent les autres Etats d’être des dictatures sont loin d’être ce modèle de démocratie dont rêve tout un chacun. L’électeur anglais, français, allemand etc est-il réellement plus libre dans le choix de ses représentants que l’électeur zimbabwéen ou nigérian ? On ne peut qu’en douter. Pour aller plus loin et nous dirons que l’électeur occidental est beaucoup moins libre dans ses choix pendant les élections que l’électeur africain, car il est soumis à des moyens de propagande et de manipulation de son psychisme infiniment plus sophistiqués et beaucoup plus efficaces et percutants que ceux employés dans les Etats du tiers-monde. Il faut bien reconnaître que les Etats capitalistes d’Europe et d’Amérique ont derrière eux une longue expérience en matière d’élections et de suffrage universel, ce qui leur a permis de mieux connaître les ressorts du psychisme humain et de mettre au point les techniques les plus redoutables par leur efficacité pour manipuler et pour orienter utilement les choix des électeurs. Autrement dit, contrairement aux idées reçues, les Etats donneurs de leçons de démocratie sont au fond les Etats les plus dictatoriaux de la planète à cause de leurs énormes matériels et immatériels dont ils disposent pour manipuler comme bon leur semble leurs opinions publiques qui sont soumises à un long et incessant matraquage médiatique pendant des mois voire des années avant les échéances électorales comme en témoigne la campagne menée en France par le lobby juif et les groupes industriels qui détiennent le monopole exclusif des mass medias pour faire élire le futur serviteur de leurs intérêts économiques et politiques, Nicolas Sarkozy.

C’est pourquoi, il serait hors de propos de considérer les Etats-Unis et l’Europe comme un vrai modèle de démocratie quand il critique le régime dictatorial de Robert Mugabe. On se souvient que Georges Bush ne devait son élection comme président qu’à des juges de la Cour suprême. L’Europe n’a pas non plus de leçon de démocratie à donner à Robert Mugabe quand on sait que la volonté populaire exprimée en France par le rejet le 29 mai 2005 du projet du traité constitutionnel européen a été bafouée après l’élection de Sarkozy en 2007. Le mini traité simplifié mijoté à Lisbonne a finalement été ratifié par le Parlement et cela dans le but d’échapper au verdict populaire. La toute dernière leçon antidémocratique donnée par l’Europe est le rejet du traité constitutionnel européen par les Irlandais et toutes les manœuvres qui se trament actuellement en coulisse pour le court-circuiter. En effet, depuis le 13 juin dernier, jour du rejet par le peuple irlandais du traité constitutionnel européen, parmi les solutions alternatives visent à faire revoter les irlandais avec l’espoir que les électeurs soumis désormais à une intense campagne de propagande changeront d’avis dans quelques mois comme ils l’ont fait lors du traité de Nice rejeté la première fois mais ratifiée la seconde fois. Par peur d’un vote négatif par le peuple anglais, la Grande Bretagne de Tony Blair n’a jamais osé soumettre le projet du traité constitutionnel au vote populaire. Le successeur de Blair, Gordon Brown a préféré faire ratifier le traité européen par le parlement britannique, un stratagème utilisé pour court-circuiter le vote populaire anglais. Les Etats qui ont ratifié le traité européen ont préféré le faire par leurs parlements et non par leurs peuples. Logiquement, c’est le régime de Robert Mugabe qui devrait donner une leçon de démocratie à cette Europe du Grand Capital qui préfère passer par l’intermédiaire d’une majorité inerte conformiste et ankylosée au lieu de se soumettre directement au verdict populaire.

Non seulement les démocraties occidentales préfèrent se passer de leurs peuples quand ils sentent que leurs intérêts sont en jeu, ils ont pratiqué la même stratégie au Zimbabwe en essayant, après avoir perdu le pari sur leur poulain préféré Morgan Tsvangirai, de saboter le second tour des élections présidentielles par la violence physique et psychique. Nous avons alors entendu des appels à la réunion du Conseil de sécurité pour demander l’annulation des élections zimbabwéennes et même l’intervention militaire dans le pays pour empêcher l’élection de Robert Mugabe. Cet appel lancé par le chef de l’opposition à l’entrée des troupes sur le sol de son propre pays dans son propre rappelle à bien des égards l’exemple irakien où les opposants au régime de Saddam Hussein sont arrivés en même temps avec leurs femmes, enfants et valises que les tanks et les blindés américains.

Pourquoi Robert Mugabe est-il devenu ce paria et cet affreux dictateur ?

Le Zimbabwe, ancienne Rhodésie du Sud, qui accède à l’indépendance en 1979, était une colonie anglaise depuis 1890. Avant 1923, les territoires de l’ancienne Rhodésie du Sud était contrôlé par la (BSAC),British East India Compagny fondée par l’homme d’affaires anglais né en Afrique du Sud, Cecil Rhodes qui se vit accordée une charte d’exploitation datant de 1889. Quand le gouvernement britannique prit le contrôle de la BSAC et des territoires la Rhodésie du Sud, il fit voter en 1930 une loi, la « Land Apportionment » attribuant 45% des terres à des fermiers blancs. En 1961, une nouvelle constitution fut votée donnant tous les pouvoirs à une minorité blanche qui représentait seulement 1% des populations locales. En 1965, Ian Smith fit de la Rhodésie du Sud, un Etat indépendant gouverné par une minorité blanche. Cette proclamation d’indépendance déclancha aussitôt une guérilla qui dura pendant quatorze et qui était menée par le parti ZANU-PF dont l’un de ses dirigeants, Robert Mugabe allait devenir en 1980 le premier ministre du nouvel Etat indépendant, le Zimbabwe.

Les premières années du gouvernement Mugabe ont commencé comme ce pour tous les Etats africains nouvellement indépendants par mener une politique de libéralisation de l’économie nationale et sa dépendance vis-à-vis de l’économie capitaliste internationale. Pour accorder leurs aides financières à ce jeune Etat qu’est le Zimbabwe, les Etats capitalistes, le FMI et la Banque mondiale lui imposent des conditions draconiennes. En Octobre 1990, le gouvernement zimbabwéen était contraint de supprimer les barrières douanières et de mettre en place les premières mesures de privatisation des principaux secteurs de l’économie conformément à un programme quinquennal appelé « The five-year Economic Structural Adjustment Porogramme(ESAP). Ce programme visait à abolir le contrôle des prix et des salaires, la réduction des dépenses publiques et la dévaluation du dollar zimbabwéen de 40%, la suppression des aides aux produits de première nécessité, la restructuration des principaux secteurs de l’économie locale. Ce premier programme fut aussitôt suivi par la Framework for Economic Reform mise en place pour la durée de 1991 à 1995 et visant la suppression de toutes sortes d’aides au secteur public. En 1998, le gouvernement zimbabwéen lance la deuxième phase du Structural Adjustment Programme connu sous le nom de Zimbabwe Programme for Economic and Social Transformation(ZIMPREST) avec à la clé la réduction du déficit budgétaire à moins de 5% du PNB.

Comme il était prévu et prévisible, les effets de toutes ces mesures sur l’économie et les populations du Zimbabwe ne tardent à se faire sentir. Outre la dévaluation du dollar zimbabwéen, la suppression des barrières douanières ouvre le marché local aux produits importés de l’étranger moins chers, entraînant ainsi la ruine des industries locales et l’accroissement du chômage dont le taux atteint 60% en 2003 et même 80%. La productivité dans le secteur manufacturier a baissé de 11,9% et de 4% dans le secteur minier en 2001. En dix ans, entre 1991 et 2001, le PNB a baissé de 11,5%. En 2001, l’inflation atteint 100% et 585% en 2005. Selon une étude menée par le gouvernement en 1995, 62 % des populations urbaines vivait dans le pauvreté et encore un peu plus les populations rurales qui représentent 72% de l’ensemble des habitants du pays. Cette augmentation de la pauvreté a été provoquée par les mesures draconiennes de libéralisation de l’économie imposées au Zimbabwe par la Banque mondiale et le FMI et qui se sont traduites la plupart du temps par la suppression des aides accordées aux secteurs de la santé et de l’éducation. Autre conséquence spectaculaire des mesures imposées par le FMI est l’accroissement des inégalités sociales dans le pays puisqu’en 1995, le 10% des populations les plus pauvres possédait 2% des richesses produites alors qu’en même temps le 10% le plus riche contrôlait 40,4% des richesses sociales.

L’inflation et le chômage ont provoqué en décembre 1997, des mouvements de protestation et des manifestations à travers tout le pays. C’est en surfant sur cette vague de mécontentement populaire qu’émerge le parti d’opposition, le MDC, né lors d’un meeting à Harare, la capitale, le 11 septembre 1999 incluant dans son programme politique, la gratuite de l’enseignement primaire et secondaire, l’instauration d’un système de santé gratuit et la mise en place d’un vaste programme de construction de logements sociaux. Mais ce programme n’a aucune chance de trouver la moindre application du fait des orientations politiques du MDC qui sont inspirées par Tony Blair qui continue la politique initiée par Madame Thatcher dans les années 1980.

Pour faire face à une situation devenue explosive, le gouvernement de Robert Mugabe était mis sous pression et des populations en général et de ses principaux soutiens politiques en particulier. D’abord, les paysans pauvres du pays se sont emparés de terres appartenant à des fermiers blancs. Parmi ces nouveaux occupants il y a d’anciens vétérans devenus impatients 15 ans après la fin de la guerre d’indépendance. Après avoir perdu le soutien des populations urbaines et une partie des syndicat qui se séduite par le MDC et sous la pression aussi d’une grande partie des membres de son parti le ZANU-PF, Robert Mugabe était obligé de chercher une ligne politique susceptible de contrecarrer les effets désastreux de sa politique de libéralisation de l’économie. C’est ainsi qu’il est entré en 1999 en conflit ouvert avec ses anciens maîtres impérialistes en procédant d’abord à la mise en place d’une politique de contrôle des prix pour endiguer l’inflation. Mais cette mesure n’étant pas si efficace à cause de l’existence d’une économie informelle à l’intérieur du pays, Mugabe avait cru alors trouver la clé de la solution dans l’expropriation des fermiers blancs d’une partie de leurs terres.

Quand Robert Mugabe prend le pouvoir en 1980, il y avait 6000 fermiers blancs qui possédaient 70% des terres agricoles contre 600 000 petits paysans noirs propriétaires de terres pauvres incapables d’assurer leurs moyens de subsistance. Une première réforme est intervenue en l’an 2000, connue sous le nom de « Lancaster House Agreement » visant a redistribuer des terres à 50 000 familles africaines. Mais cette réforme s’est révélée insuffisante puisque seuls 4500 fermiers blancs détenaient 12 millions d’hectares et employaient 1,2 million ouvriers agricoles contre un million de petits paysans africains qui ne possèdent que 16 millions d’hectares de terres qui sont généralement de faible rendement. Dans un premier temps, Mugabe a demandé aux 4500 fermiers blancs de se dessaisir de la moitié de leurs terres cultivables, soit 6 millions d’hectares. Face à l’intransigeance du gouvernement britannique qui refusait de financer une réforme agraire au Zimbabwe, Mugabe a procédé à des mesures d’expropriation des terres appartenant à des fermiers blancs et leur redistribution dans un premier à 67 000 familles paysannes et dans second temps à 100 000 familles paysannes.

C’’est cette politique d’expropriation des fermiers blancs au Zimbabwe qui a poussé le gouvernement britannique à soutenir la création d’un parti d’opposition au gouvernement de Robert Mugabe, en l’occurrence le MDC. Ce nouveau parti s’oppose à la politique de l’expropriation des fermiers blancs, ce qui explique le soutien politique et financier apporté par ces derniers au candidat de l’opposition Morgan Tsvnagirai. Pendant les élections présidentielles, ce sont ces fermiers blancs qui ont pris en charge la campagne électorale du leader de l’opposition en organisant des meetings à travers tout le pays et en appelant dans la presse qu’ils contrôlent à voter pour le candidat du MDC.

C’est cette politique d’expropriation des terres des fermiers blancs au Zimbabwe qui a mis le feu aux poudres en faisant de Robert Mugabe l’horrible et l’affreux dictateur et l’homme à abattre par les Etats capitalistes. Car toucher au sacro saint droit de propriété, c’est saper carrément le fondement même du système d’exploitation capitaliste. C’est pourquoi, l’abolition du mode de production capitaliste passe d’abord par l’abolition de la propriété privée des moyens de production. C’est parce que Robert Mugabe s’est trop rapproché du centre névralgique du système d’exploitation des hommes qu’il a été mis au ban des Etats capitalistes et il est devenu le paria de quelques Etats qui s’érigent en communauté internationale.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés :Zimbabwe, élections présidentielles, Mugabe, dictateur, expropriation, fermiers blancs